Voix dissidentes - Littératures et répressions

Affiche
Félix Bernier
Comment se manifeste la répression au sein du discours? Pourquoi écrire en réaction à la répression? Comment rendre publiques des œuvres qui vont à l’encontre d’un certain ordre établi? Est-il possible de construire un contre-discours qui ne serait pas à terme récupéré par l’instance répressive?
Extrait de l'appel à communications

La 9e édition du colloque estudiantin de l'ADELFIES s'est tenue à l'Université McGill le 26 janvier 2017.

Programme :

Appel à communications :

La littérature, en tant que discours social (Angenot), n’est pas à l’abri de diverses formes de répression et de persécution, qu’elles soient politiques, sociales, ou formelles. Cette constatation mène à penser que la littérature s’en trouve amputée, diminuée et l’auteur.e, restreint.e dans sa liberté. Or, selon Leo Strauss, la persécution envers tout.e auteur.e est vectrice d’une écriture originale : « [l]a persécution donne ainsi naissance à une technique particulière d’écriture et par conséquent à un type particulier de littérature, dans lequel la vérité sur toutes les questions cruciales est présentée exclusivement entre les lignes » (Strauss, 2003 [1952], p.27).

Pour Bourdieu, « [l]a principale fonction de l’art est d’ordre social [...] La pratique culturelle sert à différencier les classes et les fractions de classe, donc à justifier la domination des unes sur les autres. » (Féral, 1990, p. 25) Par conséquent, la littérature participe aux échanges entre les classes.

Traversée par les conflits inhérents aux rapports de domination, la parole apparaît comme un point de friction marqué par les prescriptions et les résistances qu’elle cherche à créer. L’écriture, par laquelle la parole peut s’exprimer, devient alors témoin des relations entre différents groupes et sociétés.

Nous souhaitons réfléchir aux conséquences de la répression et, conjointement, de la résistance qu’elle peut provoquer dans les pratiques littéraires. Comment se manifeste la répression au sein du discours? Pourquoi écrire en réaction à la répression? Comment rendre publiques des œuvres qui vont à l’encontre d’un certain ordre établi? Est-il possible de construire un contre-discours qui ne serait pas à terme récupéré par l’instance répressive? Nous nous intéressons notamment aux manifestations littéraires qui témoignent d’une forme de résistance.

Cette réflexion (pratique, théorique ou critique) est alimentée par les sujets suivants :

  • La place des littératures dites « marginales »

  • Les questions de censure, d’autocensure, de propagande, d’écriture pamphlétaire

  • La remise en question d’idéologies ou d’institution littéraires 

  • Les rapports de force entre les différentes langues

  • La place de la traduction littéraire dans la validation des discours

  • L’invalidation du discours par la folie (Jouannais, Delvaux)

  • L’anonymat d’un.e auteur.e ou d’un groupe d’auteur.e.s, la pseudonymie, la fausse littérature

  • Les procédés subversifs d’écriture : parodie, le détournement, la réécriture (Compagnon)

  • Les pratiques relevant de l’oralité (rap, slam, micro libre)